Aux États-Unis, de nombreux amateurs élèvent des papillons monarques, une pratique très populaire notamment encouragée dans les écoles. Mais cette mode ne semble pas profiter directement à l’espèce. Elle pourrait même nuire à sa migration, selon des chercheurs.
Ces insectes accomplissent une des plus importantes migrations animales au monde. Des plaines des États-Unis et du Canada jusqu’à leurs quartiers d’hiver au Mexique, dès l’automne, des centaines de millions d’individus voyagent parfois plus de 5000 kilomètres. Mais ils sont chaque année moins nombreux à faire le déplacement.
L’hypothèse avancée par des chercheurs de l’Université de Chicago, dans la revue PNAS, suggère que l’élevage nuit il à la migration des papillons monarques.
En élevant les monarques à l’intérieur, comme le font certains amateurs, on supprime leur comportement migratoire. Mais surtout, les éleveurs recourent parfois à des œufs ou chenilles achetées dans le commerce. Or ces souches commerciales ont souvent perdu leur instinct voyageur. En s’hybridant avec les populations sauvages, elles pourraient engendrer des lignées de papillons incapables de migrer.
Quand les conditions naturelles de la migration ne sont pas réunies, les monarques se convertissent facilement à la sédentarité, et transmettent ce trait à leur descendance.